Bobos et blessures

Partie intégrante du sport d'élite

Bobos et blessures font partie du quotidien du sportif d’élite.

Quelques blessures

Enfant, j’ai très tôt été confronté aux blessures. Avec les copains du quartier à Sierre où j’habitais je pratiquais pas mal de sports, surtout le football et le hockey sur « terre » (qui s’assimile à ce que l’on appelle Street Hockey aujourd’hui). Les contacts inhérents à ces activités ont blessé quelquefois les chevilles et les genoux. Lorsque je commençai à m’entraîner en course à pied, c’est le tendon d’Achilles qui me fit régulièrement souffrir. Lors des années de compétition, je connus des problèmes aux ischios jambiers avec plusieurs élongations et une déchirure. Une chute en courant m’a cassé un doigt (2009), alors qu’une autre à vélo a occasionné une luxation acromio-claviculaire complète (2004). J’ai aussi subi un traumatisme plus important à cause d’une collision (!) à ski dans les années 90 ; verdict : un pneumothorax et diverses lésions.

Pas de séquelles… sauf au mollet gauche

De toutes les blessures mentionnées plus haut, je ne ressens plus aucune séquelle. Il y a néanmoins un traumatisme qui m’embête encore un peu aujourd’hui : le mollet gauche. Tout cela à cause d’une mauvaise chute à skis hors-piste, dans les années 90… A l’époque il m’a fallu plus d’un an pour pouvoir pratiquer certaines activités normalement, comme la course à pied par exemple. Malgré les traitements et le temps, l’importante déchirure musculaire contractée (sur 11cm de longueur et 9 mm de profondeur) me gêne un peu depuis cette époque. En compétition, il pouvait m’handicaper dans les fins de course mais ce n’était pas la règle. Actuellement je fais très attention à bien gérer les efforts et les transitions entre les sports car je sens bien que ce mollet est fragilisé (au toucher on sent toujours un nœud dur et on voit aussi que le mollet gauche est plus gros que le droite).

La gestion du corps

« Qui veut aller loin ménage sa monture » dit le proverbe. Je fais donc preuve de prudence. Si je ne sens pas le corps prêt à faire un certain type d’effort, j’y renonce le plus souvent. L’inverse ne paie pas, ou rarement. Mais chacun fait des erreurs, et moi aussi. Il m’est arrivé de vouloir à tout prix m’entraîner alors que mon corps me lançait des signaux de fatigue. Pratiquer de la sorte est une invitation aux blessures ou aux maladies. Quand on s’investit beaucoup professionnellement, on doit être particulièrement attentif à ces signes, sinon on court à la catastrophe : en effet, une activité professionnelle engagée épuise intrinsèquement... sans même parler d’entraînement sportif. En plus, avec les années qui passent, le corps pardonne moins les excès.

Gagner n’est pas l’essentiel

Gagner provoque un bon sentiment, inutile de s’en cacher. J’ai apprécié toutes les victoires, aussi bien en championnats que lors de courses populaires. Toutefois, progresser honnêtement et atteindre des objectifs personnels ont sans doute plus contribué à mon épanouissement que les victoires. Certains l’expriment en disant que ce n’est pas le but en soi mais le chemin pour y parvenir qui procure les plus grosses satisfactions. Mais la base du plaisir, c’est simplement l’espace de liberté qu’on trouve lorsqu’on peut m’adonner aux activités physiques dont j’ai tant besoin. Avec le recul, on comprend encore mieux tout ça. Afin de garder ce plaisir, je ne fais rien qui puisse l’entraver et ne me permets aucun écart qui puisse nuire à la santé. Et tant pis si certaines victoires ont pu m’échapper.