Le bonheur est ailleurs

La compétition ne rend pas heureux

Le milieu du vélo pourri

Dans le milieu du vélo, tout le monde savait que Lance Armstrong était le champion du dopage Des scientifiques bien informés parlaient de lui en le surnommant « mutant ». Aujourd’hui, on sait pourquoi ses adversaires gardaient le silence : parce qu’eux aussi se dopaient. Citation du président de l’UCI Pat McQuaid en juin dernier : « La culture du cyclisme a changé depuis l’époque Armstrong et il est aujourd’hui possible de courir et gagner proprement ». Trente ans que j’entends la même chose, trente ans que tout ce milieu qui englobe diverses parties prenantes, dont les organisateurs et les journalistes, ment effrontément. Tous ces menteurs devraient être punis.

L’athlétisme aussi

Les révélations hebdomadaires d’athlètes dopés montrent que ce sport rivalise désormais avec le cyclisme. En athlétisme aussi, il y a peu de dénonciation, ce qui tend à nous faire comprendre que la plupart des stars se chargent. Un cycliste professionnel de la région défend son sport en disant que le skieur alpiniste qui se dope le fait tout seul dans son coin alors que lui fait comme les autres de son équipe. Les skieurs alpinistes auxquels il fait allusion se dopent avec la collaboration d’un entourage médical, tout comme lui : où est la différence ?

 

Le public cautionne le dopage

Il y a encore la foule dans les stades d’athlétisme  et aux bords des routes du TDF. Pire, les tricheurs avérés sont consultants à la TV (Laurent Jalabert, Richard Virenque ou Jacky Durant en France) ou VIP lors d’évènements (Laurent Dufaux chez nous par exemple). Invités par les organisateurs, rémunérés par des entreprises, sollicités par les médias, considérés comme des stars par le grand public et toutes les parties prenantes du système : où va-t-on ?

 

Je n’ai jamais accepté ces dérives

Compétiteur, j’ai renoncé à certaines épreuves peu ou pas contrôlées du tout (PDG, SZ) dès que j’ai su qu’il y avait des tricheurs dans la course. J’ai tenté d’ouvrir les yeux des responsables sur ces problèmes. Maintenant, en tant que (télé)spectateur, c’est beaucoup plus simple : je ne regarde plus ces sports ! Et je prends du plaisir dans d’autres domaines. Si on parle de sport, je privilégie d’autres disciplines, plus techniques, plus tactiques, dans lequel le recours au dopage n’assure pas le résultat.

 

En symbiose avec la nature (ici dans les Dolomites)

Le bonheur n’est pas où l’on croit

Avec le recul, il me semble que mes années les plus heureuses ont été les années sans compétition. C’est paradoxal, car je suis un compétiteur dans l’âme, toujours animé par un esprit de performance dans tout ce que j’entreprends. Après ma période dans les catégories jeunes, j’ai cessé la compétition pour mes études et attendu une douzaine d’années avant de revenir avec un dossard : ce fut une période très heureuse qui m’a permis de découvrir énormément de choses! Et jamais je n’ai autant été épanoui qu’aujourd’hui : fini les prises de tête à cause des dopés impunis qui se cachent parmi nous et qui fanfaronnent dans les médias en taisant bien qu’ils sont des mulets transformés en chevaux de course grâce au recours au dopage sanguin, à l’EPO et aux hormones de croissance.

 

En symbiose en couple: ici au Sassolungo

Dans ce contexte, rien que je connaisse ne vaut les défis permanents au travail, le plaisir à l’effort physique sans classement et  l’épanouissement dans ma vie de couple.

Sébastien

 

Dans le journal j'ai lu ce matin que deux frères de Grimentz, Jacques et Christian Vouardoux, on disputé toutes les éditions de Sierre-Zinal avec des records de 3h52 et 3h46.
Sur ton site j'ai découvert que tu as couru Sierre-Zinal à 10 ans (!!!) en 3h42'37: c'est proprement hallucinant!!! Extraordinaire ce chrono, je n'en reviens pas.
Je comprends mieux tes exploits à répétition mais quand même quel dommage de ne pas avoir participé à cette épreuve pendant toutes les années pendant lesquelles tu étais au top de ta forme. Je n'ose pas imaginer le chrono que tu aurais pu faire.
Antoine de Vevey 09.08.2013 10:44
Mit deiner Form könntest du immer noch viele Rennen gewinnen: Ich war beeindruckt von deiner Leichtigkeit mit diesem Tempo! Ok, ich verstehe deine Entscheidung aber vielleicht änderst du deine Meinung? Auf jedem Fall würde ich mich freuen auf ein Wiedersehen im Wettkampf!
Viel Spaß in der Zwischenzeit
Andy 09.08.2013 08:42
Pas étonné que tu t'épanouisses plus qu'avant. Mais ce que tu ne dis pas, c'est que tu vois ta fonction dans le tourisme comme une compétition: toujours s'améliorer, gagner des parts de marché, se mesurer aux meilleurs, etc. Pas vrai:-) ?
Les dopés deviennent souvent dépressifs ou suicidaires une fois leur carrière derrière eux. Beaucoup de personnes dans le monde de la course à pied se demandent comment des "mulets" comme tu dis peuvent réussir un podium à Sierre-Zinal.
Je me souviens qu'un de ces "mulets" de Sierre-Zinal appelait partout pour t'éviter dans les courses et je le dis chaque fois que le sujet vient sur la table...
Daniel 03.08.2013 17:52
Remarquable. Un des plus grands sportifs valaisans de ces dernières décennies, toujours clairvoyant.
Plein succès dans le développement de Nendaz et en vie de couple!
Michel Bonvin 01.08.2013 09:20
ça me fait beaucoup de bien! Je cours souvent mais pas en compétition. Si un authentique champion comme Sébastien Epiney est plus heureux sans compétition, cela me rassure car je n'ai pas trop le niveau pour les courses.
M. Fournier 31.07.2013 18:43