« La meilleure attitude à adopter est d’accepter le dopage », a signé Yannick Noah dans le Monde du 19 novembre dernier.
Un manque de volonté qui tue le sport
Le manque de moyens pour les contrôles antidopage signifiera bientôt la fin du sport de compétition, car il sape sa crédibilité.
Premièrement, il n’y a pas assez de contrôles antidopage ; deuxièmement, les contrôles ne sont pas assez efficaces, lorsqu’ils sont organisés ; troisièmement : la politique antidopage diffère de pays en pays (« Il est vrai que certaines affaires retentissantes ont démontré que des fédérations nationales en Espagne peinaient à appliquer les règles de l’AMA », de Martial Saugy dans le Matin du 22 novembre.). Loin des « vrais résultats »
L’exemple espagnol est symptomatique mais le problème du dopage doit être appréhendé bien plus globalement. Comme je l’ai souvent dit et écrit, je suis convaincu que, sans dopage, certains classements aux mondiaux de ski-alpinisme ou dans les compétitions prestigieuses de course à pied de montagne auraient été bien différents ces dernières années. Si j’ai avancé ma retraite de la compétition alors que je continue à m’entraîner comme auparavant, c’est d’abord et surtout pour cette raison ! Combien, aussi des jeunes talents, arrêtent pour cette raison ?
Trop de faux champions
En lisant les réactions aux déclarations de Noah, on s’aperçoit que les gens trouvent préférable de protéger les tricheurs contre eux-mêmes (« le dopage est très dangereux pour la santé ») plutôt que soutenir les honnêtes concurrents contre les malhonnêtes ! Cela me fait penser à l'interdiction de la fumée dans les lieux publics : que les fumeurs ruinent leur santé par leur drogue relève de la responsabilité individuelle ; par contre, il est inacceptable que la fumée nuise à autrui. De même, il faut promouvoir l'interdiction du dopage non pour protéger les dopés contre leur propre turpitude (ceux qui se dopent n'ont qu’à en subir les effets sur leur santé), mais bien pour rétablir l'égalité des chances dans la compétition car normalement ce sont les plus talentueux, et non les dopés, qui devraient être récompensés Noah a parfaitement raison de pointer du doigt un problème qui ruine la compétition : soit on se donne les moyens de lutter efficacement contre les tricheurs à la potion magique (c’est la position que j’ai toujours défendue avec vigueur), soit on permet à tous de la prendre avec des morts sur la route. Aujourd’hui, bien trop de mules se transforment périodiquement en étalons et l’essence du sport s’en trouve bafouée.
Sébastien







