Un parcours périlleux
Trois tours, pour 825m de dénivelé positif et 825m de dénivelé négatif, seront le challenge proposé aux sélectionnés des prochains CM. Pour ne connaître le tracé que sur papier, je ne peux qu’estimer ses difficultés. Apparemment la montée, plutôt régulière, devrait être assez pentue (240m sur 1,7km) et la descente assez roulante. Si cela est confirmé sur le terrain, cela n’avantagera pas mes qualités techniques (portions raides) en descente. Les risques de blessure, surtout pour des ischio-jambiers fragiles, seront alors importants. Près de 500 coureurs se disputeront les médailles dans les quatre courses proposées (Juniors D et H, Elites D et H). Le parcours ressemble plutôt à un cross à pentes qu’à une course de montagne classique.
Des pronostics difficiles
Quand les meilleurs de la planète s’affrontent les pronostics s’avèrent difficiles, tant le niveau entre les athlètes est proche. Sur les 170 au départ, une bonne vingtaine de coureurs peut prétendre à une place sur le podium. Si je devais citer l’un ou l’autre en particulier, je retiendrais l’italien M. De Gasperi, l’érythréen Y. Tesfay, l’ougandais M. Toroitich, le turc A. Arslan, le français R. Fontaine, le colombien J.J. Vargas et le néozélandais J. Wyatt (s’il vient, car il n'apprécie pas la descente).
Sur une montée pure, je pourrais ambitionner un classement proche du podium mais, sur un circuit tel que celui qui est prévu, mes chances sont très minces.
A suivre aussi le suisse David Schneider, un spécialiste de ce genre de terrain, qui sera redoutable sur ce parcours. Les autres helvètes feront au mieux de leurs possibilités, mais sans espoir d’un gros classement. Compte tenu du profil proposé, Martina Strähl, qui abhorre les descentes, a préféré s’abstenir.
Les espoirs sont permis par contre chez les juniors avec les prometteurs Candide Pralong, Géraldine Bach et Augustin Salamin.
Aucune course ne peut remplacer les Championnats du Monde
Dans un sport qui n’est pas olympique, les Championnats du Monde représentent la rencontre des cracks de la discipline. Un bon classement aux CM vaut plus que toutes les victoires à des courses populaires, car il situe le sportif d’élite dans la hiérarchie mondiale.
Les compétiteurs de haut niveau mettent donc un point d’honneur à obtenir une bonne place lors d’une course aussi relevée : comme au classement ATP en tennis, on parle de Top 50, de Top 30, de Top 20, de Top 10 ou de Top 5.
A titre personnel j’aborde ce type de course en relative décontraction : je ne suis pas favori et j’ai donc tout à gagner. M’étant classé plusieurs fois dans le Top 10, j’essaierai de figurer dans le top 6. Ce sera cependant très difficile.
Au niveau national, qu’il s’agisse d’un Championnat Suisse ou d’une course populaire, c’est le contraire : je suis le plus souvent celui qu’il faut précéder pour l’emporter, ce qui m’amène un stress supplémentaire. Dans la peau du favori, on a souvent plus à perdre qu’à gagner…


Le polyvalent Billy Burns dans ses oeuvres (à droite, lors de sa victoire au Tour des Alpages en
juillet): il courra sous les couleurs de la Grande Bretagne. De retour cette saison, j'espère qu'il
retrouve ses marques empreintes de classe (2h15 au marathon, des références sur piste, sur
route et en montagne)
Le classement n’est pas la seule motivation d’un tel championnat, même pour un athlète expérimenté. Côtoyer des sportifs des cinq continents, avec leurs us et coutumes, représente à chaque fois une expérience très enrichissante. Indépendamment du résultat, c’est sûrement aussi cet aspect qui me fascine lors des Championnats du Monde.







