Discipline et plaisir

Pas si facile

Une discipline de fer

Parfois on me demande comment c’était possible de concourir au plus haut niveau, tout en ayant une pleine activité professionnelle. La réponse est simple, mais peu évidente à mettre en pratique : en plus des prédispositions de départ, une discipline et volonté de tous les instants au quotidien furent indispensables. Concrètement cela signifie que j’ai dû parfois m’entraîner à 6h du matin avant le travail comme à des heures indues le soir.

Au retour d'un entraînement matinal à Nendaz...

Parfois se produisirent aussi des situations cocasses. Le 31 décembre nous organisons des animations jusqu’à 20h30, puis à partir de 23h30. Une année, je profitai de cette pause en cette soirée de Saint-Sylvestre pour me mettre à 21h30 sur les skis : pas de chance, des connaissances me croisèrent à mon retour au parking à 23h. Ils m’ont pris pour un dérangé…  C’était pourtant le seul moment de la journée pour une sortie et je ne voulais pas m’en priver !

 

Des expériences drôles aussi

Cette rigueur extrême était nécessaire. Sans celle-ci, je n’aurais sans doute jamais pu renouer avec la compétition. Car il faut être clair : il y a toujours une bonne raison pour ne pas s’entraîner. Par exemple une réunion de travail qui dure, la fatigue de la journée, le mauvais temps, un début de refroidissement, un apéro, un lieu inapproprié pour l’exercice, etc. Lors de promotions à l’étranger, je prenais toujours mes baskets et mon short de vélo en vue d’une séance sur le home trainer (vélo d’appartement) de l’hôtel. Selon les conditions, je choisissais l’activité.

Quand les villes ont des fleuves, ici le Danube à Budapest, il est aisé de courir sans risquer de se perdre.  Sinon, c'est parfois compliqué quand on ne les connaît pas bien...

Quelque fois j’ai vécu des expériences surprenantes. A peine de retour d’un jogging lors d’un Workshop à Moscou, je pus lire un SMS qui me demandait comment j’avais apprécié la course à pied sur la Place Rouge ?! C’était envoyé par quelqu’un qui ne pouvait pourtant pas savoir que j’étais en Russie. Il me raconta plus tard qu’il m’avait effectivement vu traverser cette place en courant… car il était lui-même à Moscou pour affaires au même moment !

 

Désormais je ne boude plus mes plaisirs (ici dans les Dolomites avec ma fiancée)

Le plaisir avant tout

Avec mon job, les tentations sont multiples. Il me semble pourtant avoir courageusement résisté aux nombreuses occasions de faire la fête, ou simplement d’exagérer avec l’alcool (même si je ne crache pas dans un verre:-)) au détriment d’une saine hygiène de vie indispensable à la vie de sportif de haut niveau. J’ai dû certes faire des compromis avec la préparation physique qui est toujours venue après les obligations professionnelles, mais je n’ai pas trop mal réussi à mener de front ces deux activités pendant bien des années. Ce fut cependant difficile à gérer au quotidien et parfois frustrant aussi. C’est peu dire que je suis désormais soulagé de faire du sport pour mon plaisir uniquement.

 

Et je profite pleinement de ma passion pour le foot, ici à Barcelone, et le hockey...

Beaucoup plus simple aujourd’hui

Plus besoin d’autant de rigueur aujourd’hui. Comme à l’époque, j’essaye de garder l’agenda libre pendant le temps de midi, un moment privilégié pour profiter de l’air pur et des panoramas magnifiques de notre région. Ces instants sont particulièrement utiles à l’entretien physique, à l’oxygénation cérébrale et au ressourcement.

Sébastien

Parfaitement d'accord avec M. Bourquin. D'autres grands sportifs comme Didier Cuche ou Stanislav Wawrinka ont aussi montré une discipline de fer pour parvenir au plus haut niveau.
Mais il ne faut pas oublier que les prédispositions de base demeurent capitales: Sébastien Epiney dispose d'un moteur juste ENORME!!! La plupart des gars s'entraînaient 2x plus que lui tout en se faisant régulièrement battre. Ce talent ne peut malheureusement pas s'acheter au supermarché...
Christophe 26.01.2014 08:33
Bonjour,
Vous être une preuve vivante qu'il est possible de réussir en sport tout en exercant un job à responsabilités. Trop de sportifs sont gâtés et désemparés une fois la carrière terminée.
Plein succès à Nendaz!
Michel Bourquin 23.01.2014 10:18
Hallo Sebi
Was Du nicht gesagt hast: Du bist ein echter "Winnertyp"!
Weiterhin viel Spass und Erfolg
Christoph S. 20.01.2014 16:12