Dopage: nouvelles révélations

1/3 des médaillés olympiques en athlétisme dopés?

Il n’y a pas besoin de parler de cyclisme ou du Tour de France pour s’apercevoir que le monde du sport est malheureusement gangréné par le dopage.

Dopage à grande échelle

Nouvelles révélations dimanche dernier suite à une enquête menée par ARD et le Sunday Times : « Hormones ce croissances visant une championne olympique », « anabolisants chez un médaillé olympique russe », « injections de produits dopants dangereux filmées en caméra cachée au Kenya », un pays où la « volonté de dissimuler le dopage » serait présente « jusqu’au sommet de la fédération d’athlétisme ». Ce sont ces éléments dévoilés qui ont fait dire à l’AMA qu’elle était « très inquiète ».

D’après l’enquête, 800 échantillons sur 5000 (soit 15%) présenteraient des valeurs sanguines « hautement suspectes » en athlétisme entre 2001 et 2012. Autre chiffre dévoilé : 146 médaillés mondiaux ou olympiques pendant cette période, ce qui représenterait 33% des médaillés dopés. Des experts scientifiques qui ont eu accès au dossier ont validé ces conclusions.

Pas tous dans le même panier

J’ai constaté lorsque je courais qu’il y avait plein d’autres athlètes talentueux qui s’énervaient lorsqu’ils voyaient des seconds couteaux transformés miraculeusement pour un objectif précis. Ces progressions impensables, de 3-4 minutes par heure (environ 10 sur une longue course comme Sierre-Zinal !), sautaient aux yeux des connaisseurs. A titre personnel, je ne renonçais pas aux européens et mondiaux car je savais que ces compétitions étaient toujours sanctionnées de contrôles antidopage, ce qui devait calmer les velléités (mais dans quelle mesure ?) des tricheurs. Dans ce contexte douteux, les athlètes propres dont je fais partie peuvent être fiers s’ils ont été médaillés aux CE et/ou CM en course à pied de montagne et en ski alpinisme. Et d’avoir renoncé à d’autres courses populaires peu ou pas contrôlées.

Aussi des amis dans le mode du sport

Dénoncer publiquement le dopage fut une épreuve difficile, mais nécessaire. Cela m’a valu beaucoup d’inimitiés notamment en Valais, les gens ne comprenant pas bien la gravité de la situation. Et si des organisateurs de course ou des compétiteurs (ceux qui couraient avec une mauvaise conscience, apeurés d’être démasqués) m’en ont voulu, ce n’est pas bien grave : les champions propres m’ont toujours respecté et j’ai reçu de nombreux messages de remerciements de la part de concurrents appartenant à l’élite mondiale. Plusieurs athlètes m’ont appelé ou écrit pour me remercier, tant ils se sentaient -eux aussi- volés par des tricheurs non punis. Avec Swiss Athletics et Antidoping suisse, j’ai toujours entretenu les meilleures relations et eu l’impression qu’ils soutenaient mes positions.

Pas comme au Kenya ou en Russie

En Suisse les sportifs bénéficient des meilleures infrastructures, y compris médicales. Le dopage ne paraît ni institutionnalisé ni nationalisé comme cela semble être le cas en Russie ou au Kenya, il est individuel. Les médias suisses alémaniques ont d’ailleurs régulièrement fait état de réseaux de dopage organisés sur des bases privées. Lorsqu’on m’a interrogé là-dessus, j’ai dit que « cela ne m’étonnait pas » mais que même si j’avais des faisceaux d’indices, je n’avais pas de preuve formelle. Il faut des preuves, très difficiles à apporter, et parfois même un contrôle antidopage positif ne suffit pas à faire tomber un tricheur ! Ceux qui ont triché, non contents d’être passés entre les gouttes, s’accrochent dans le milieu et donnent des leçons dans les médias.

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Quelle tristesse ce dopage sans fin!
S'il n'y avait pas eu ce fléau du dopage que tu as toujours combattu envers et contre tous (ou presque), tu aurais participé et gagné Sierre-Zinal 3 ou 4 fois. C'est vraiment dommage. Tu aurais mérité de figurer au palmarès au côté de grands et vrais champions de la course de montagne comme Vigil, Correa et Mejia par exemple.
Thierry 20.08.2015 10:08
D'accord.
Billy Burns est un talent et le talent ne meurt jamais.
C'est un grand champion qui a une approche saine du sport.
Sébastien 10.08.2015 19:07
Ne trouves-tu pas que l'Exploit d'hier, c'est Billy Burns qui le realise? 2h38,à 5 min de Jornet, à 46 ans!
Alex 10.08.2015 18:51
@Luca et Christoph
C’est sympa de ne pas m’avoir oublié… Il faut aussi associer Toni Jöhl et David Schneider, ainsi que le valaisan d’adoption Billy Burns, dans ceux qui ont obtenu les meilleurs résultats (Championnats et courses populaires) suisses en course à pied de montagne ces 20 dernières années. Tarcis était un ton en-dessous de tous les coureurs mentionnés, mais c'est un malin, un automarketeur redoutable et efficacement réseauté. Il a d’ailleurs réussi à faire son business avec la course à pied.
@ Fabrice et Alex
SZ fut un bon apprentissage, mais j’ai effectivement préféré privilégier d’autres épreuves quand j’étais au sommet de ma forme; avec des contrôles antidopage annoncés j’y aurais participé volontiers avec le désir de l’emporter et d’y signer un chrono de référence. Il n’y a rien à signaler sur les chronos d’hier; le meilleur Wyatt d'il y a une dizaine d'années aurait pu réaliser autour des 2h26-2h27 en poussant jusqu’au bout et les africains les plus performants du moment peuvent courir plus vite encore à mon avis.
Sébastien 10.08.2015 18:49
Salut Baron,
Je voulais rebondir sur le commentaire de Fabrice et te dire que j'aurais bien aimé te voir sur Zinal face à Jornet lors de tes dernières saisons de compétition... Je reste sur ma faim:-)
Alex 10.08.2015 18:23
Salut, si j'ai bien vu tu as couru Sierre-Zinal (6e, puis 5e, puis 4e)lors de ton retour à la competition. Les 4 années suivantes pendant lesquelles tu faisais partie de l'élite mondiale tu n'as plus couru SZ (dommage, d'ailleurs!). 3 questions:
1) que penses-tu des chronos réalisés cette année alors que des contrôles antidopage ont été annoncés?
2) y aurais-tu participé dans ces conditions (contrôles)?
3) quel est le record est realisable à cette course avec des conditions optimales et les meilleurs au monde au départ?
Fabrice 10.08.2015 09:18
Mes félicitations! Cela fait plaisir de lire un champion comme vous qui soutiennent l'antidoping et qui condamnent les innombrables tricheurs: c'est très rare. A se demander la proportion des dopés, puisque plusieurs la plupart de vos anciens concurrents font comme si cela n'existait.
P.S Le Sunday Times du jour parle de 7 vainqueurs sur les 12 dernières années au Marathon de Londres avec des valeurs sanguines suspectes
Daniel Aebischer 09.08.2015 14:14
Dans les disciplines moins suivies, les médias parlent surtout de ceux qui "s'automarkètent". C'est dommage pour ceux qui sont humbles, car ils sont moins connus du public.
Isabelle Favre 09.08.2015 10:27
Ne serait-ce pas simplement que les journalistes ne connaissent pas bien la course à pied de montagne et s'adressent tout simplement à ceux qui réseautent avec eux, qui se vendent?
Ce sport n'est pas télévisé et les champions méconnus. J'imagine qu'il faut faire son propre marketing pour "exister" médiatiquement.
Michel Rochat 09.08.2015 07:17
Alexis Gex-Fabry (1x champion de Suisse en course de montagne et 1x champion d'Europe) et Sébastien Epiney (3x champion de Suisse en course de montagne, 1x médaillé aux Européens, 1x champion d'Europe Extrême, 1x champion du monde Master)sont les meilleurs coureurs en course de montagne que la Romandie et meme la Suisse ont connu. Pourquoi sont-ils peu sollicités par les medias? Trop modestes? On ne voit que Tarcis Ançay qui n'a jamais obtenu de titre en course de montagne et n'a jamais été competitive au niveau européen!!!
Christoph 08.08.2015 18:32
Salut Seb,
Les médias valaisans parlent peu de tes exploits passés et te sollicitent peu souvent pour des avis notamment sur le dopage que tu as toujours combattu. Tu as un des plus riches palmarès de tous les sportifs du canton (titres nationaux en course à pied, titres en ski alpinisme, podiums européens et mondiaux, records de parcours,...). As-tu une explication?
Luca F. 06.08.2015 15:55
J'ai de la peine à juger le chrono, même si cela paraît sensationnel. il faut voir les conditions de course.
L'écart avec Cesar Costa (que j'ai toujours précédé de plus d'1 minute dans toutes les courses où nous nous sommes trouvés) me semble logique: Petro Mamu est un talent de valeur mondiale, César un bon coureur regional.
Sébastien 06.08.2015 08:45
Que penses-tu du chrono réalisé au Marathon d'Aletsch par Petro Mamu, qui pulverise le record et prend près de 5 minutes à César Costa?
Incrédule 05.08.2015 19:09