L'entraînement n'est pas une science exacte

D'abord le plaisir, ensuite selon ses convictions et ses possibilités

Beaucoup de questions sur l’entraînement. Ci-après quelques pistes, tout en sachant que la vérité absolue en la matière n’existe pas.

Seul ou en groupe ?

Il faut avoir la possibilité de trouver des partenaires d’un niveau plus ou moins semblable, sinon il vaut mieux s’entraîner seul.

Mon expérience : j’ai essayé de partager un maximum de séances avec Jean-Daniel Masserey pendant 3 ou 4 ans, mais c’était très difficile de concilier nos horaires ; depuis 2007, je me suis entraîné presque toujours seul. Je préfère cette liberté, sans heure à fixer.

 

Finalement, il n'y a guère que lors des championnats que je me suis retrouvé en équipe ces dernières années (ici aux CM avec Joe Volery et Stéphane Joly, le multiple champion de Suisse de cross-country)

Du plaisir à s’entraîner seul ?

Cela doit être peu recommandable pour un jeune qui devrait privilégier la convivialité d’un groupe, les échanges et, aussi dans un esprit éducatif, les concessions à faire quand on partage avec d’autres. En tant qu’adulte, cela peut être différent.

Mon expérience : enfant, je jouais du hockey sur terre, du foot avec mes copains et j’adorais cela ; je n’aimais pas trop courir… malgré les victoires que je collectionnais. Aujourd’hui, l’entraînement est une diversion au stress professionnel, un plaisir en soi. Au fil des années, j’ai eu de plus en plus de plaisir à effectuer mes séances seul.

 A quoi pense-t-on quand on s’entraîne seul ?

A tout et à rien.

Mon expérience : au boulot, à des problèmes à régler, aux prochaines vacances ou à son amie par exemple ; lors des périodes de préparation sportive, aussi à sa forme ou à ses objectifs ; parfois à rien de particulier, j’apprécie la nature ou mes mouvements quand je me sens en forme.

Quels sont les avantages de l’entraînement en solo ?

On va quand on veut, où on veut, on fait ce qu’on veut, au rythme qu’on choisit. Bref, on ne doit rien à personne.

Mon expérience : très positive, aussi bien en termes de plaisir que de performance.

L’utilité des stages ?

Changement d’environnement, encadrement, émulation entre athlètes, partage de connaissances.

Mon expérience : de très bons souvenirs de jeunesse, mais aucune pratique possible ces dernières années avec quatre à cinq semaines de vacances annuelles. Dommage, j’en aurais certainement tiré profit pour m’améliorer encore.

Un seul sport ou plusieurs en même temps ?

La pluralité des sports fait du bien mentalement, elle tue la monotonie et peut éviter des tensions exagérées sur des parties du corps très sollicitées.

Mon expérience : 9 mois par an je cours, l’hiver je m’entraîne sur les skis ; toute l’année j’alterne avec d’autres activités comme le vélo d’appartement.

 Eté comme hiver, il est cependant rare d'être complètement seul à l'entraînement...

Des parcours de référence ?

Oui, pour les tests et les comparaisons.

Mon expérience : j’ai un parcours test pour l’été et un pour l’hiver ; pour l’entraînement je varie les parcours selon les envies ; je préfère aussi découvrir de nouvelles compétitions et régions plutôt que courir toujours au même endroit.

Combien d’heures par jour peut-on s’entraîner ?

Impossible de répondre précisément. A mon avis, 2 à 3h effectifs par jour sont un maximum dans les sports d’endurance. Après, le corps ne récupère plus, les performances se détériorent et/ou les blessures s’enchaînent. Au-delà, il faut aussi manger une quantité de nourriture tellement énorme que le système gastro-intestinal n’arrive plus à digérer. Sans aide non légale, qui éviterait le système digestif, il ne me paraît pas possible d’en faire plus. Tous les sportifs d’élite que je considère comme « propres » et avec qui j’ai parlé m’ont confirmé qu’il n’était pas profitable de faire 20h ou plus d’entraînement physique dans la semaine.

Mon expérience : 2x 1h par jour, avec des jours de repos actif (par exemple une séance de 45 min d’easy run) ou de repos total, est plus efficace qu’une longue séance. Personnellement, j’ai varié entre 6-7h lors des petites semaines et 13-14h lors des plus grosses.

Quelle est la principale erreur commise en matière d’entraînement ?

Beaucoup de sportifs s’entraînent trop durement par rapport à leur niveau, surtout les populaires.

Mon expérience : plus des ¾ de mes sessions sont très faciles, avec une moyenne de fréquences/min inférieure à 130 pour un max de 180-182 environ.

Sur l'entraînement, je vous invite à lire un mag "spécial" d'un site français intéressant (attention, le téléchargement prend du temps car le pdf fait 6 MB) dans lequel j'ai aussi répondu à des questions spécifiques en la matière:

 http://www.nico-laclusaz.com/Files/Mag/mag23.pdf

Sébastien

Bonjour Sébastien,
Encore merci pour m’avoir laissé t’accompagner pendant ta sortie et de t’être mis à mon rythme et petit niveau dimanche dernier.
Pour la 4 ème sortie de rando de ma vie, j’ai eu du bol !!
Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de partager, avec un « champion », une sortie dans un sport où l’on est novice.
Ne te connaissant que de nom (sans connaitre réellement ton palmarès) et après visite de ton site je me rends compte que tu es un monument du sport suisse et des courses verticales. Quel moteur !!
Comme je pense que tu es un perfectionniste de l’entrainement, le modèle Gimenez selon Fred Grappe (in Cyclisme et optimisation de la performance) dont je te parlais (enchainement de plusieurs séries de 1’ à PMA avec 4’ de « récup » à environ 90 % de FC Max). Je pense que ce modèle est intéressant à travailler en ski alp. Même en cas de « retraite compétitive », juste pour garder la caisse.
Peut être à une prochaine sur Nendaz.
Amicalement Eric M
Eric M 08.02.2011 19:02