Dans les sports qui ne sont pas ou très peu télévisés, le grand public peut très difficilement se faire une idée objective des sports et/ou de leurs représentants : il est alors tributaire de la médiatisation, ou non, des athlètes. Les sportifs sont alors reconnus en fonction du nombre de présences dans les médias, plutôt que par leurs classements (qui s’imposent par eux-mêmes lors de retransmissions tv en direct). Illustrations par deux questions qui m’ont été posées lors des diverses présentations que j’ai animées ces derniers mois :
Des skieurs alpinistes t’ont-ils précédé dans une épreuve de course à pied ces dernières années ? Réponse : non, aucun à ma connaissance depuis mon année de retour à la compétition en 2002.
J’ai toujours battu Martin Anthamatten et Florent Troillet en course à pied et je ne me souviens pas qu’un skieur alpiniste d’un pays étranger m’ait une fois précédé dans ce sport. Exemple : lors de sa meilleure saison estivale, au top de sa forme, Florent battit nettement son record personnel en 53’25 chez lui au Trophée des Combins, une semaine avant de monter sur le podium à Sierre-Zinal (2009) ; je remportai la course en 51’59.
Réponse : le ski-alpinisme est un sport qui est très peu pratiqué (sauf en Valais et dans quelques endroits bien précis), ce qui rend ce genre d’achèvement plus accessible que dans la plupart des sports.
Lors de la même année 2004, j’ai terminé six mois plus tard 13e aux Championnats du Monde de course de montagne en me classant meilleur suisse, avec un niveau de forme comparable. Pour mieux comprendre la différence de concurrence qui existe entre ces deux sports, on peut regarder le meilleur suisse actuel en ski-alpinisme, Martin Anthamatten : lors de ses deux sélections aux Championnats du Monde de course de montagne en 2008 et en 2010, il se classa respectivement 53e, puis 50e.
La course à pied est internationale, le ski alpinisme régional
La course à pied est un sport international où les athlètes viennent de tous les continents : les champions du monde de course de montagne de ces trois dernières années viennent respectivement de Nouvelle-Zélande, d’Ouganda et d’Erythrée, le champion d’Europe de Turquie. Incomparable avec le ski-alpinisme qui est pratiqué dans quelques pays seulement et, même en Suisse, dans très peu de régions.
En termes de performance, je pense qu’un podium aux CM de ski alpinisme équivaut au mieux à un Top 20 aux mondiaux de course à pied de montagne chez les hommes.




































