La presse sportive ne fait pas bien son travail
Avec un lectorat en baisse depuis plusieurs années, en Suisse comme ailleurs, on assiste à une mort lente de la presse écrite. Faillites, hyper concentration, restructurations, pertes d’emplois dans le monde de la presse. Doit-on le regretter ? Pas forcément, si l’on lit la presse sportive qui devrait remplir les mêmes fonctions, avec les mêmes exigences éthiques et les mêmes devoirs, que la grande information.
D’une subjectivité douteuse
Un exemple lu dans un éditorial du Nouvelliste (
Presque pas de concurrence ? A vous de juger.
Autre chose : il est rendu hommage au certes méritoire skieur Cuche, toutefois sans piper mot de Carlo Janka qui est pourtant incontestablement le meilleur skieur au monde (champion du monde, champion olympique et vainqueur général de la Coupe du Monde).
En quelques lignes, l’éditorial réussit plusieurs tours de force : montrer son nationalisme (pour ne pas dire chauvinisme) ; afficher sa préférence à l’égard un skieur, Didier Cuche, au détriment d’un autre encore meilleur que lui, Carlo Janka. Jamais de show à l’arrivée, pas de cabriole sur les podiums ni de mise en scène, des interviews toujours prudents pour Janka : est-ce une raison suffisante pour le snober ?
En ski, ce n’est pas si grave : le lecteur lambda regarde aussi la télévision et se fait sa propre idée sur la valeur sportive des uns et des autres.
Les athlètes modestes pénalisés
Dans les sports que je pratique, en revanche, la responsabilité de la presse écrite est bien plus grande : elle peut mettre injustement en lumière certains, tout en occultant sciemment, ou par manque d’investigation, de grandes performances. Le grand public ne bénéficie pas de la télévision pour se faire une idée, « en live », des prouesses et des champions. Il y a donc des athlètes de haut niveau dont on parle peu dans les médias et d’autres, nettement moins bons, qui les « squattent » régulièrement. Qui connaît, par exemple, la skieuse alpiniste Nathalie Etzensperger qui n’a aucune adversaire de son niveau dans le pays ? Qui sait, hormis les spécialistes, que mon concurrent le plus redoutable au niveau national en course de montagne s’appelle David Schneider ? Qui connaît les meilleurs coureurs romands en cross et sur route (Stéphane Joly et Jérôme Schaffner) ?
Les manquements de la presse pénalisent les athlètes modestes qui se concentrent sur le sport, sans se soucier de leur auto-marketing.
Quand la propagande remplace l’information
Bien sûr que les athlètes qui se vendent en courtisant les médias - et en gonflant un peu leur palmarès pour l’un ou l’autre d’entre eux - ne sont pas innocents. Mais que penser de l’attitude de la presse qui les récompense en les surexposant, privilégiant l’angle people à l’information objective ? Il y a tromperie pour le lecteur, qui croit ce qu’il lit… jusqu’à un certain point : année après année, les statistiques montrent en effet une sensible baisse du nombre de lecteurs de la presse romande, avec une audience en chute libre.
A cause du manque de rigueur journalistique (certains ont même violé délibérément la déontologie) la confiance du consommateur s'est transformée peu à peu en méfiance. Remplacer l’information par la propagande signifie, pour un média, le début d’une mort annoncée.
Sébastien














Vous avez parfaitement raison: "les médias font les champions" auprès du grand public qui n'y voit que du feu.
Certains compétiteurs glorieux en profitent au détriment des vrais champions qui sont souvent inconnus du grand public dans des sports non télévisés.
Amitiés sportives