Lessons learnt

Des acquis pour la vie

Parcourir les médias nous révèle tous les jours des facettes peu reluisantes du sport de haut niveau : corruption, tromperies, dépressions, morts inexpliquées, suicides. Est-ce à dire que la compétition est néfaste ?

 

Deux attitudes antagonistes

Comme dans la vie de tous les jours, on ne peut pas réduire le sportif d’élite dans une case. Il y a autant de comportements que de personnes, mais il me semble qu’on peut distinguer assez clairement deux extrêmes.

Les assistés

D’une part, il y a ceux qui ne reculent devant rien pour obtenir des avantages : à cette fin, ils s’entourent de pros dans tous les domaines (communication et pharmacie surtout) afin d’améliorer leurs performances, faire parler d’eux et gagner de l’argent. Un footballeur professionnel américain a une espérance de vie de 60 ans aujourd’hui, soit une vingtaine d’années de moins que la population américaine. Le sport, poussé à l’extrême et vécu de cette manière, n'est pas toujours synonyme de santé. De plus, il fait de ses vedettes des assistés dans tous les domaines. Des assistés, il en existe aussi dans les sports que je pratique.

Les indépendants

D’autre part, il y a les autres -devenus rares- qui refusent d’entrer dans ce cercle vicieux (recherche de visibilité médiatique, sponsoring,  argent, entourage scientifique jusqu’au dopage souvent) et qui assument leur indépendance. J’ai toujours choisi cette voie, tout en pointant du doigt les dérives de la première énoncée.

Des leçons utiles pour la vie

La plupart des personnes que je fréquente ne sont pas impliquées dans le domaine du sport. Au vu du peu de crédibilité du sport d’élite aujourd’hui, des personnes me demandent si je ne regrette pas d’avoir été compétiteur de haut niveau. Je leur réponds que non. La compétition, malgré tous ses problèmes, m’a permis de m’aguerrir et de développer quelques qualités:  

  •  La discipline, obligatoirement importante quand on exerce une activité professionnelle exigeante  à plein temps;
  •  La force mentale, indispensable quand on évolue en amateur face à des (semi-) professionnels et parfois dans un certain climat d’hostilité (les positions prises pour dénoncer le dopage à des courses régionales comme SZ ou la PDG, par exemple, n’ont pas plu à tout le monde) ;
  •  La recherche de l’excellence, utile aussi au quotidien.

 

Ici avec des collègues super sympas aux CE 2009 en Autriche: G. Krünig, S. Wenk et A. Sutz.

En plus, le sport m’a apporté des rencontres passionnantes, notamment grâce à de fructueux échanges avec d’autres sportifs lors de rencontres internationales. Sans oublier la découverte du monde, avec des voyages dans de nombreux pays et sur tous les continents.

 

La véritable récompense

Grâce au sport de compétition, je me sens solide comme un roc pour affronter les défis professionnels et les aléas de la vie. Là aussi on y rencontre des réussites et des échecs, des gens honnêtes et des tricheurs. Et je pense que ceux qui ont des problèmes liés à l’arrêt de leur carrière sportive sont avant tout les assistés dont j’ai parlé plus haut. C’est une forme, bien que partielle, de justice.

 

Sébastien