En lisant la presse régionale

Morabito clairvoyant

 Dans le Nouvelliste du 27 décembre, le cycliste Steve Morabito fait preuve d’une belle franchise: « Pour neuf coureurs, en France, il y avait vingt-six personnes à nos côtés. J’admets qu’à l’instar de quasiment tous les sportifs, nous sommes de vrais assistés. La plupart n’en n’ont même pas conscience ». Une lucidité qui fait plaisir !

Troillet sur le même sujet

Extraits choisis de Florent Troillet dans le Nouvelliste du 28 décembre, parlant de son statut de garde-frontières, qui contrastent avec ceux de Morabito: « C’est un lieu de qualité pour une préparation optimale. Je peux consacrer une grande partie de mon temps à l’entraînement. L’hiver, je me consacre uniquement aux entraînements et aux compétitions. Je m’entraîne trois à quatre heures par jour, pour environ 20 à 25 heures par semaine. J’aime cette école de vie très exigeante ». Florent a-t-il conscience qu’il fait partie des privilégiés qui peuvent occuper leur temps à se préparer aux compétitions, qui plus est aux frais des contribuables ? Les sportifs amateurs qui assument une activité professionnelle à plein temps, comme ce fut mon cas, peinent en effet à dégager 10h hebdomadairement pour l’entraînement: concilier travail et sport de haut niveau demande une organisation et un degré d’exigences autrement  plus astreignants !

Reconnaissance à deux vitesses

Beaucoup s’étonnent de voir Florent Troillet régulièrement dans les médias régionaux, alors que deux autres valaisans – Yannick Ecoeur et Martin Anthamatten – partagent avec lui le record à la Patrouille des Glaciers. Martin est par ailleurs champion du Monde de ski-alpinisme en titre en sprint. Tous trois, qui pratiquent aussi la course à pied de montagne à un bon niveau, méritent à mon avis un respect égal.

Martin (ici en photo lors d'une course en Suisse Centrale en 2009), à l'instar de Florent et des autres skieurs alpinistes, n'a  jamais réussi à me précéder lors d'une épreuve de course à pied

Concurrents la plupart du temps, mais parfois aussi coéquipiers: j’ai fait équipe une fois avec Martin (victoire au Défi des Faverges), une fois avec Florent (victoire au Rogneux), malheureusement jamais avec Yannick (dommage, car c’est un super gars).

Les vérités toutes personnelles de CC

Avant 2008, jamais aucun contrôle n’avait été effectué à la Patrouille des Glaciers (PDG): à contrecœur, mais totalement en harmonie avec ma philosophie du sport, j’ai donc systématiquement renoncé à cette course. Au premier contrôle à la PDG en 2008, il y eu un cas avéré à l’EPO pour un recordman de l’épreuve. Marius Robyr a avoué après-coup que c’était « une terrible déception » pour lui. Christian Constantin, Président du FC Sion, est cité comme ceci dans le Nouvelliste du 21 décembre: « il y a eu un cas de dopage, mais aussi 4000 autres patrouilleurs clean ». Comment peut-il prétendre cela, quand on sait que 3990 sur 4000 ne sont pas contrôlés ?

Sébastien

Peu de sportifs, même pros, ont eu un tel niveau de performances: c'est impressionnant. J'espère te revoir avec un dossard bientôt car je sais que ta forme est bonne et avec ton talent tu es capable de devancer encore tout le petit monde des compétiteurs valaisans!
A +
MB 12.01.2012 13:02
Avec la télé, le public se rend bien compte des performances. Dans les disciplines sans tv, seuls les spécialistes ont une idée à peu près correcte des choses. Le valais a fait naître des athlètes d'exception (Hischier, Délèze, Dil Bundi, Epiney, Hallenbarter, Zurbriggen, etc.)dont certains ne sont pas bien connus et c'est dommage. Les médias préfèrent les histoires, peu importe si elles sont vraies, au sport.
Jean-Jacques 05.01.2012 19:41
Tout à fait d'accord avec Fabienne: les informations relayées dans les médias n'ont plus beaucoup de valeur. Cela doit être bien décourageant pour certains athlètes, surtout les jeunes qui n'ont pas encore compris le truc. La communication a pris trop d'importance par rapport à l'objectivité des faits; à nouveau je suis obligée de constater que ceci n'est qu'un triste et fidèle reflet de la société d'aujourd'hui.
CdA 05.01.2012 11:29
Les journalistes sont souvent incapables de trier les faits importants… Des grosses performances sont ignorées et des athlètes de niveau international sont inconnus du grand-public. A l'inverse, il y aura toujours des gens qui arrivent à avoir des articles et reportages même s'ils ne valent pas grand-chose: il suffit d'avoir des amis dans le milieu.
L'essence du sport a perdu sa place au détriment de l'image, du marketing et du pognon.
Fabienne 05.01.2012 10:40