Se méfier des médias

Et de leur pouvoir

J'ai toujours combattu le dopage et rendu attentif au fait que ce fléau n’est pas l’apanage des sports lucratifs. Il est clair qu'actuellement les médias ouvrent enfin les yeux sur la problématique du dopage dans les sports sans argent, mettant en doute la probité de beaucoup de sportifs. Ils me prennent à parti parfois contre mon gré.
Régulièrement, j'ai fait l'objet de sollicitations de journalistes concernant des sportifs qu'ils m'ont indiqué comme étant de possibles dopés. Jamais je n'ai répondu à ces provocations de journalistes.

L'exemple du Matin Dimanche
S'agissant de l'article du Matin Dimanche du 11.08.2013 écrit par M. Monnard, j'ai -comme il a été justement mentionné dans cet article- refusé de répondre au journaliste. Le contenu de cet article, qui fait du tort aux sportifs évoqués (César Costa et moi-même) ainsi qu’à leur entourage, n'engage que son auteur et les personnes qui lui ont répondu (MM. Jean-Claude Pont, Yves Jeannotat, Francis Brühlart et Christian Blanc).

Il est parfois difficile de savoir ce qui a été vraiment dit par la personne interviewée et ce qui a été brodé par le journaliste. Par exemple, il est mentionné dans cet article qu’ "on s’échauffait pourtant souvent ensemble avant les courses". Même si je croisais César régulièrement et qu’on se parlait, jamais nous ne nous sommes échauffés ensemble.

La vraie problématique éludée

On vient souvent vers moi pour ces questions de dopage, mais pourquoi les journalistes n'interrogent-ils pas davantage les organisateurs qui invitent les coureurs? Quand on voit qu'Elisa Desco, dopée notoire (suspendue pour deux ans pour prise d'EPO, suspension arrivée à son terme le 28.8.2012), gagne Sierre-Zinal en 2013, il y a de quoi se poser des questions: 

http://www.fidal.it/content/Antidoping-il-TNA-squalifica-Elisa-Desco/49124

Cette triste évolution me conforte dans mon choix d'avoir laissé tomber cette épreuve au cours de mes dernières années de compétition.

L'histoire de notre sport et de cette course est déjà riche d'exemples de coureurs sanctionnés pour dopage, tels que Christian Charrière  (2006) et Michaël Morand (2012) tous deux pincés à l'issue de la course SZ.

 

Pas la bonne interprétation

2h42 à SZ est objectivement une très bonne performance. La prétendue contre-performance de César Costa à Sierre-Zinal est tout à fait conforme à ce qu’il a démontré cette saison. J’avais justement écrit sur mon blog :  "cherchez l’erreur !", quand Bernard Mayencourt l’annonçait comme potentiel vainqueur à SZ ou à la Jungfrau, alors qu’il comptait 4 min de retard au Moléson (et aux Rochers-de-Naye). Sa prestation à SZ est dans la même ligne et tous les sportifs honnêtes savent qu’on ne rattrape pas, à ce niveau, 4min/heure en quelques semaines.

Le problème que j'évoquais alors est ailleurs : on trompe le public et sa compréhension du sport de haut niveau en annonçant qu’un coureur distancé objectivement de plusieurs minutes par heure pourrait jouer la gagne peu après face à une concurrence encore plus fournie. Sur ce blog et à de nombreuses reprises j'ai rendu attentif à cela, notamment en réagissant à des commentaires d'internautes.

Il ne faut donc pas tout confondre.

Sébastien