Meilleure qualité de vie

Plus beau sans la compétition

Compétiteur né

Je suis un compétiteur né, c’est certainement génétique. Concrètement, cela signifie que j’ai toujours essayé de faire le mieux que je pouvais dans tout ce que j’entreprenais déjà enfant. A l’école aussi, mais surtout en sport. Si je jouais au football ou au hockey sur terre (en fait c’était sur goudron), je voulais gagner et m’investissais totalement dans ce but. Et j’y trouvais du plaisir, même dans la défaite… à condition d’avoir tout donné et l’équipe également. « On remet cela la semaine prochaine » était alors mon credo lorsque nous ne gagnions pas. Et la défaite était une source de motivation pour s’améliorer physiquement, techniquement et tactiquement. Idem en course à pied : à 11 ans, lors de mes premiers championnats nationaux, je fêtais mon premier « titre » national dans la catégorie des Ecoliers C. Et je remportais la plupart des courses disputées dans ma catégorie d’âge.

Victoire en Autriche. A droite Leonhard Stock, ancien champion olympique de descente

 

Dangers de la « culture de la gagne »

Est-ce que les résultats ont fait développer chez moi une « culture de la gagne » ? Possible. Il y a cependant plusieurs pièges pour celui qui développe une culture de la gagne. Celui d’être déçu en cas de « défaite » par exemple, ce qui m’est évidemment arrivé plus d’une fois. En avançant dans l’âge adulte, on apprend cependant que l’échec amène aussi beaucoup de positif : analyse, relativisation, motivation à s’améliorer par exemple. Winston Churchill disait d’ailleurs : " Le succès, c'est d'être capable d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme ". Un autre risque est celui de ne pas respecter les règles pour obtenir les résultats ambitionnés : je ne suis jamais tombé dans ce piège, mais d’autres ont succombé à cette tentation. Certains classements ont été faussés. Des concurrents, d’ailleurs ou de la région, ont triché (la plupart sans se faire prendre) pour obtenir ce qu’ils voulaient. La « culture de la gagne » a donc une face cachée qui tue le sport et il faut savoir la maîtriser. 

Plusieurs médailles dans une armoire... que je ne regarde jamais! 

 

Ma mentalité de compétiteur s’exprime professionnellement

Depuis que j’ai cessé la compétition, je pratique du sport tous les jours ou presque. Il y a des côtés moins excitants qu’auparavant, tant c’était motivant de se mesurer aux meilleurs, mais aussi bien des avantages : fini les prises de têtes à cause de tricheurs planqués, fini les déceptions attisées par les succès d’imposteurs, fini les contraintes liées aux exigences du haut niveau… Je m’entraîne quotidiennement, mais seulement par pur plaisir. Ma mentalité de gagneur s’exprime pleinement dans la vie professionnelle, sur un autre terrain, touristique : augmentation de nuitées, développement du chiffre d’affaires, gains de parts de marché, accroissement de la profitabilité permettant l’investissement, amélioration de la qualité d’accueil, etc. : il y a suffisamment d’indicateurs qui mesurent la performance et la compétitivité.

Discussion devant plus de 1'000 personnes: autant stressant qu'une compétition! 

 

A la portée de tout le monde

Rien n’empêche un sportif de se fixer des défis personnels, même s’il renonce à porter un dossard. C’est pour cela qu’une montre avec cardiofréquencemètre accompagne mes sorties. En plus des apports habituellement reconnus du sport (régulation du poids, condition physique, santé mentale, amélioration du sommeil, diminution du stress, bien-être général), la pratique quotidienne dans nos belles montagnes offre un cadre idyllique à son expression.

Entraînement quotidien au-dessus de Nendaz ou ... le vrai plaisir!

Le minimum de discipline que je m’impose désormais tranche avec ce que j’ai vécu pendant des années. Subjectivement, j’ai l’impression d’avoir nettement gagné en qualité de vie. Vivre chaque jour un moment de partage avec la nature en se faisant du bien est à la portée de tout le monde !

En voyage avec ma dulcinée: ici à Granada 

Bonne année champ!
Stéphane le coureur de montagne 06.01.2015 12:03
Tout cela est très éclairant et très convaincant.
Merci!
Thomas 22.12.2014 09:52
Quand on est compétiteur, il est clair qu’un CM est très excitant. Cependant, une compétition avec une majorité d’athlètes honnêtes et quelques tricheurs n’a aucun sens pour moi. Du coup, j’apprécie nettement plus la vie aujourd’hui.
Lorsque j’ai compris qu'il y avait des coureurs spécifiquement «préparés» pour certaines compétitions peu ou pas contrôlés comme Sierre-Zinal, j'ai préféré y renoncer et faire autre chose ces dimanches-là. Antidoping Suisse pouvait me contrôler tous les jours de 6h du matin à 23h car je faisais partie du pool du groupe-cible des meilleurs athlètes suisses (comme Federer ou Cuche par ex). Ce n’était pas le cas pour la plupart des prétendants et encore moins pour des coureurs de niveau regional dont certains ont pourtant magiquement brillé sur cette course.
Si on prend un peu de hauteur et s’intéresse au niveau mondial, on doit admettre qu’il y a des pays qui ne s’intéressent pas du tout à la lutte antidopage. A cet égard, les propositions du champion olympique allemand de lancer du disque Robert Harting de créer un "Fonds mondial antidopage" vont dans le bon sens. Il demande en gros que le CIO collabore avec l'AMA (agence mondiale antidopage) pour combattre ce fléau, en y mettant les moyens nécessaires, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui.
Tous les athlètes propres sont doublement pénalisés : 1) ils se font passer devant par les tricheurs et 2) ils sont également soupçonnés s’ils obtiennent d'excellents résultats en toute honnêteté. Comment avoir du plaisir dans ces conditions ?
Sébastien 18.12.2014 20:02
Réflexion intéressante: j'imagine que les challenges professionnels et personnels sont tout de meme moins excitants que des championnats du monde, ou bien je me trompe?
Patrick 18.12.2014 15:12
Salut Sébastien,

Merci de partager tes expériences ,souvent lorsque l'on veut demander des conseils à des athlètes locaux ayant brillés dans diverses discipline j'ai peu de réponse. Billy ou toi même m'ont toujours répondu honnêtement et je vous en remercie, vous êtes des exemples pour moi, pas seulement en tant qu'athlète mais aussi en tant que personne. Nous avons tous notre propre caractère, je vous considère les deux comme " Baron " ou "Strong man ". Bonnes fêtes Sébastien à toi et à ta dulcinée :-).
Alex J :-) 18.12.2014 14:22
Juste. Il y a quelques années un coureur a aussi annoncé sa victoire à Sierre-zinal à l'avance... sans avoir jamais été parmi les 3 premiers auparavant. C'est pas du "foutage de gueule" ça? Non, tout le monde ou presque dit bravo!
S.C.E 18.12.2014 09:39
Dès que des contrôles antidopage ont fait leur apparition à Sierre-Zinal et à la Patrouille, des cas de dopage dans l'élite ont été observés. Et pourtant ce sont des courses populaires sans pognon ni médailles!
Coureur triste 15.12.2014 19:12
@Jean-Jacques
Je pense qu’en Suisse les dopés sont peu nombreux dans les sports que j’ai pratiqués, mais peut-être suis-je trop optimiste. Parmi les dizaines de concurrents que j’ai affrontés dans nos contrées, je suis convaincu que 4 ou 5 compensaient leur manque de talent par le dopage : il y a des faisceaux d’indices convergeant qui le démontrent. Ils savent ce que je pense d’eux, ce ne sont pas mes amis et j’ai coupé tout contact avec ces imposteurs.
Est-ce différent dans d’autres disciplines ? Je ne sais pas.
Une chose est certaine : si en Russie le dopage peut être favorisé par l’Etat, il ne l’est pas en Suisse bien au contraire. Je serais aussi surpris qu’une fédé nationale de notre pays cautionne ces pratiques, mais on ne peut l'exclure pour autant. Ici, les tricheries sont individuelles ou par petits réseaux… J'ai d'ailleurs été interpellé à plusieurs reprises par des journalistes suisses alémaniques sur l'existence de réseaux de ce type en Valais.
Sébastien 15.12.2014 19:04
La merde avec le dopage, c'est que des tricheurs ne sont pas pris et se font passer pour des champions honnêtes.
L'autre merde, pardon pour l'expression, c'est que ce sont les sports d'endurance qui sont les plus touchés car les methods et substances utilisées sont difficiles à trouver...
Les vrais propres sont les dindons de cette très mauvaise farce!
Henri 15.12.2014 12:15
L'ancienne championne olympique Laure Manaudou a été prise en délit de vol à l'étalage à Disneyland. Drôle de comportement pour un modèle.
Pierre 15.12.2014 12:10
Il y a 15 ou 20 ans, peu pensaient que le dopage touchait des sports sans argent comme la course à pied de montagne ou le ski alpinisme.
Aujourd'hui, beaucoup pensent au contraire que le dopage s'est generalisé dans ces sports. C'est faux: des tricheurs il y en a toujours eu et il y en aura sûrement toujours. C'est dramatique de penser que tous se dopent et donc que les résultats sont justes. C'est seulement un argument pour justifier les ticheurs!
Je trouve très important que des athlètes comme vous aient pris position contre le dopage alors qu'ils concourraient. Et qu'ils continuent de le faire sans n'avoir plus rien à y gagner sauf le respect de ceux qui croient encore aux gens honnêtes et talenteux.
Anti drugs 12.12.2014 09:57
Un reportage de la TV allemande a montré que 99% des russes se doperaient! Penses-tu que ce serait combien de % en Suisse et en Valais? Plutôt 1% ou plutôt 99%?
Jean-Jacques 11.12.2014 14:07
Es ist für mich eine Bestätigung : Man braucht nicht als Talent Weltmeister zu werden, um glücklich zu sein !
Vielen Dank für Ihre tollen Berichte, ich schätze sie sehr.
Hans-Peter Z. 05.12.2014 09:25