Nadal ternit le dimanche de bien des suisses

Rafael Nadal a remporté son sixième titre en Grand Chelem, le troisième en moins d'un an. Une partie de la Suisse pleure...

Je ne suis pas un grand spécialiste de tennis, même si j'ai eu plaisir à y jouer pendant les années où je ne faisais plus de compétition sportive.

Quand je regarde un sport, j'apprécie ses gestes, ses luttes, autant ses souffrances que ses délivrances. Le sport m'intéresse pour les valeurs positives qu'il peut véhiculer. Pas pour le nationalisme exacerbé, voire le chauvinisme primaire qu'il génère parfois. En regardant la finale de l'Open d'Australie, j'ai pu faire les constations suivantes:

  • Roger Feder n'a rien perdu de sa gestuelle qui respire la facilité et le talent;
  • Rafael Nadal a un jeu qui regorge de coups précis et tout autant spectaculaires;
  • Nadal paraît plus entraîné, plus combatif et plus endurant : il ne donne jamais l'impression de pouvoir s'effondrer, même après 4h de match;
  • Nadal domine Federer sur le plan mental, ce qui lui permet d'exploiter la plupart des situations cruciales du match;
  • Federer a la réputation d'être un gentleman mais son vainqueur, pourtant largement dominateur du tennis mondial depuis un certain temps, me semble le plus gentleman des deux: il ne manque d'ailleurs jamais de se poser en élève face au maître alors qu'il a dépassé celui-ci. Les exemples de cette modestie, comme après sa brillante victoire, ne manquent pas tout au long de l'année.

Est-ce que Federer peut redevenir le meilleur? Je n'en sais rien.

Je présume en revanche que "Rafa" (c'est le diminutif du champion) travaille plus et obtient une récompense à la hauteur de ses sacrifices. Sarkozy dirait: "travailler plus pour gagner plus". Notre "Roger" national ne me donne pas l'impression de vouloir absolument l'emporter, quitte à souffrir sur le court quand cela s'avère nécessaire.  

Bonne chance à Federer pour la suite et bravo à Nadal d'obtenir plus... avec un talent probablement moindre !

 

Sébastien