Le ski de randonnée se popularise

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Trop de champions du monde

En multipliant les disciplines aux mondiaux de ski alpinisme, on décrédibilise ce sport qui n’attirera pas les faveurs du grand public ainsi. Mieux vaudrait faire moins mais mieux. La multiplication des épreuves  dévalorise les médailles. Une personne m’a confié récemment : « tous champions du monde ».

Vue de la Chaux, au-dessus de Verbier 

Verbier à l’aide du ski alpinisme

Contrairement au ski alpin qui suscite les convoitises des stations les plus prestigieuses, le ski alpinisme ne fait pas recette. Je me souviens avoir disputé un championnat dans une région perdue qui ne disposait même pas de vrai domaine skiable ! Avec Verbier comme étape cette année, une météo radieuse et le connaisseur Pierre-Marie Taramarcaz aux commandes techniques, peut-être que cela va changer ? Je l’espère.

Vue des Ruinettes, au-dessus de Verbier

Malaise au sein du Swiss Team

Après les Championnats du monde de ski alpinisme, on a pu lire ceci : « malaise  profond », « clash », etc. au sein du Swiss Team. Les médias faisaient état d’incompatibilités entre athlètes et dirigeants. Il y a quelques années, le malaise était ailleurs : les largesses face aux règles de bonne conduite (je me souviens par exemple d’un athlète champion du monde qui avait fui un contrôle antidopage à l’arrivée, devant les yeux de tous, sans avoir été sanctionné !) ont détruit les volontés des plus doués qui ont abandonné ce sport depuis. En Romandie, je pense à Pierre Bruchez ou Alain Rey notamment. Avec la même « préparation » que d'autres, ils auraient multiplié les titres de champion du monde !

 Ici avec Pierre Bruchez, à l'arrivée d'une course en championnat 

Moins de concurrence en ski alpinisme de compétition

Certains disent que la relève est faible. Deux indices tendant à le confirmer : les meilleurs suisses sont les mêmes coureurs, à une exception près (Rémi Bonnet), que ceux contre lesquels je courrais en 2009 ! Comme plusieurs des meilleurs de l’époque ont cessé la compétition entre-temps, cela donne une idée de la situation. Pareil au niveau mondial : Kilian Jornet devait alors se donner pour gagner les courses alors que maintenant il se balade même aux mondiaux, en faisant tout et n’importe quoi (course à pied, ultra-trails, alpinisme, aventures, etc.) en préparation. Le matériel a tellement évolué qu’il est impossible de comparer les chronos, même sur les Verticales.

Du sommet du Mont-Gelé/Verbier avec le Mont-Fort/Nendaz en arrière-fond

Pas un spécialiste

Malgré les succès obtenus, je ne me suis jamais considéré comme un véritable spécialiste de ski alpinisme. La concurrence, comparativement à la plupart des autres sports, est moins fournie : il faut donc relativiser les résultats. J’ai découvert ce sport à 34 ans et je souffrais de problèmes de vertige dus à une fracture du crâne et de l’oreille interne contractées à l’âge de 6 ans. De plus, le manque d’exercice me rendait faible dans les parties techniques. Et je n’avais ni le temps de tester le matériel n’y n’étais au courant de tous les secrets en matière d’équipement.

Rien à faire contre Florent Perrier: heureusement qu'il était trop lourd pour la course à pied!

Heinz Blatter, une référence méconnue

Sur les montées sèches, un seul adversaire a toujours été hors de portée : le français Florent Perrier qui était un cran au-dessus. Les meilleurs suisses en montée sèche contre lesquels j’ai couru ? Rico Elmer et Alexander Hug, des métronomes. Juste avant que je ne découvre ce sport, le grison Heinz Blatter était le plus rapide en montée : malheureusement, je ne l’ai jamais affronté. Le médiatisé Florent Troillet ? Non, trop irrégulier, même s’il m’a déjà battu sur ce genre d’exercice. Je retiens aussi que Florent au top s’est toujours classé très loin de moi en course à pied, sport qu’il a aussi toujours pratiqué.

Moi aussi je fais partie des populaires...

Le ski de randonnée de plus en plus populaire

Si l’élite est en diminution, la popularité du ski de randonnée est bien plus grande. On croise de plus en plus de monde qui utilise ce moyen d’expression pour s’oxygéner. J’ai l’impression que certaines régions alpines, de la Suisse alémanique à l’Autriche, ont gagné des adeptes. Cette popularité se retrouve confirmée par le matériel vendu dans les magasins de sport en Suisse. On observe la même tendance avec la raquette à neige ou les promenades hivernales.

Plusieurs fois champion national, médaillé aux mondiaux, vainqueur des plus belles courses populaires en Valais (Maya, Faverges, Rogneux, etc.)même sans PDG boycottée à cause de l'absence de courses antidopage... Il me semble que ce n'est pas trop mal pour qqn qui ne se considère pas comme un "spécialiste" de ski alpinisme!!!!!
Serge V. 27.03.2015 15:45
Salut Seb,
Spécialiste ou pas, tu faisais quand même partie des cadors en ski alpinisme (et le meilleur helvète sur les montées pures)! On verra bien si les mondiaux de Verbier vont aider au développement de ce sport: les championnats étaient super bien organises et la météo parfaite.
Danny 13.03.2015 17:53
J'ai la même impression: moins de cadors qu'il y a 5 ou 10 ans, mais plus de pratiquants pour la rando. J'ai fait ce constat en Autriche récemment et aussi dans les Alpes italiennes.
Dany du Beaufort 12.03.2015 09:23