Savoir rester humble

Et respecter les valeurs

D’accord avec Marius

Lu dans un quotidien le 2 mai 2014, de la part de Marius Robyr, commandant de la PDG jusqu’en 2008, à propos de l’âme du montagnard : «Le jour où il y a aura un prize money, ce sera la catastrophe. L’argent ne doit pas être présent. (…). Aujourd’hui on fonce et, à force de vouloir aller toujours plus vite, on en oublie les valeurs. (…). Et le pire c’était en 2008, pour ma dernière année, quand on a su qu’il y avait un cas positif à l’EPO».

Je partage totalement son avis. En tant qu’athlète, j’ai toujours refusé toute forme de sponsoring rémunéré afin de ne pas subir de pressions. Aider des skieurs alpinistes à se remplir les poches ne peut que les encourager à aller trop loin dans la préparation. Il ne faut pas suivre l’exemple du cyclisme. Manque d’organisation

Un internaute me fit remarquer que la seconde équipe féminine accusait deux heures de retard sur l’équipe gagnante et que seuls huit équipes étaient classées dans la même heure chez les hommes à la PDG 2014, soulignant le manque de concurrence de ce sport. Il insinua aussi que les titres que j’ai pu obtenir étaient à relativiser à cause de la faible densité de coureurs de haut niveau. Que lui dire, si ce n’est qu’il a parfaitement raison ?

Si j'ai pu obtenir des titres nationaux et un podium aux mondiaux après peu d'années de pratique, c'est aussi parce que ce sport reste confidentiel 

L’élite mondiale est composée de quelques dizaines d’athlètes (beaucoup moins chez les femmes), venant tous de quelques-unes des régions alpines. Etre bien classé en Valais signifie donc appartenir à l’élite mondiale. Par exemple, le record masculin est détenu par 3 valaisans. Il manque d’organisation dans ce sport, au demeurant magnifique, pour qu’il se développe véritablement au-delà de nos territoires.

J’appréciais la compétition mais détestais ses à côtés

On voit parfois des sportifs sauter dans tous les sens, baiser le sol ou faire de grandes déclarations après une victoire. J’avais trop de respect pour tous les autres participants pour me rouler par terre ou jubiler de manière trop expansive. Pas de fanfaronnade, tout juste un petit signe de la main au public lorsque je courais.

 

Même si j’étais un grand compétiteur qui ne lâchait qu’une fois la ligne d’arrivée franchie, je n’accordais pas non plus autant d’importance à ce hobby que la plupart de mes concurrents. Cela me surprend toujours lorsque je croise des coureurs à pied du canton qui me donnent l’impression de ne vivre que pour cette activité. Franchement, cela me dépasse un peu…  Il existe tant de domaines plus importants dans une vie.

Vivre malheureux sans compétition? Sûrement pas!

La seule chose que j’ai eu de la peine à relativiser, c’est quand j’ai su que des tricheurs se cachaient parmi nous. J’ai alors compris que les lauriers n’ont pas d’odeur.

Sébastien

       

Un copain m'a dit un jour: "les cyclistes qui sacrifient tout pour la compétition et l'optimisation des résultats sont des pauvres types qui n'ont aucune autre perspective dans la vie". A méditer...
Contre les abus 16.06.2014 16:03
Tombé par hasard sur ce site.
C'est bien de voir qu'il y a de temps en temps des sportifs qui ne perdent pas la tête et savent placer le sport au bon endroit. Le sport est un divertissement, point barre. On peut admirer la performance artistique ou physique mais pas les démonstrations théâtrales que l'on observe parfois.
Raymond 06.06.2014 10:02
La PDG motive surtout les compétiteurs suisses, Epiney était l'exception de ne pas la préparer mais il faisait partie de l'élite mondiale en course de montagne l'été. Comme c'est très très long et en fin de saison, les meilleurs étrangers ne viennent pas à cette course, d'où aussi ce manque de concurrence.
Le niveau Coupe du Monde est élevé depuis une quinzaine d'années, mais dès qu'on en sort les écarts sont énormes. Il y a un vrai défi à rendre le ski alpinisme plus attractif pour les jeunes.
Maxime 02.06.2014 15:41
Respect au baron (c´est le surnom de Seb pour les connaisseurs) pour sa carrière extraordinaire, son attitude toujours exemplaire et ses observations pleines de bon sens. Les idées et critiques sont utiles pour faire avancer notre sport et il faut aussi admettre que si le ski alpinisme n´est pas encore olympique, c´est qu´il reste encore de gros efforts à faire pour le développer. Se masser le nombril ne sert à rien, il vaut mieux regarder comment d'autres sports ont réussi pendant que le ski alpinisme n'a pas autant avancé.
Compétiteur 01.06.2014 11:23
Laetitia Roux domine comme Cristina Moretti le faisait. Derrière, il y a Maude et quelques filles et puis plus rien. Chez les hommes, le niveau physique du meilleur Florent Perrier ferait encore la différence en montée mais les gars descendent plus vite aujourd´hui. Après les gars engagés en coupe du monde, c´est le vide. Ne sous-estime pas tes performances: tu as découvert le ski alpinisme à 34 ans, tu bossais à 100% alors que la plupart étaient pros, parfois tu as subi la course à cause du matériel :-) et chaque fois on se réjouissait de tes carences techniques pour rattraper le temps perdu en montée... Tu as fait des grosses perf et il ne faut pas l´oublier.
Je me souviens que quand Kilian Jornet passait une partie de l´été en Valais en 2009 il a préféré ne pas prendre le départ d´une course de montagne pour ne pas devoir t´affronter sur ton terrain.
Ancien Swiss Team 31.05.2014 06:33
Au niveau populaire, la PDG est à coup sûr une grande course.
Dire que la densité dans l'élite du ski alpinisme serait nettement plus forte qu'il y a quelques années est absurde: Anthamatten, Troillet et Ecoeur ont le record depuis 2010 et ils forment le meilleur trio suisse 4 ans plus tard.
Epiney avait plus de 42 ans quand il a arrêté et il rivalisait avec eux en ski alpinisme, tout en les battant toujours en course à pied. Quel skieur alpiniste actuel pourrait battre les temps qu'Epiney réalisait à 40 ans en course à pied? Personne. Sur les côtes, peut-être Jornet... et encore pas sûr.
C'est difficile de comparer les époques mais en course à pied les chronos sont plus comparables car le matériel et les conditions évoluent peu avec le temps.
C'est normal de défendre son sport mais il faut essayer de rester objectif.
Jean-Marc 28.05.2014 11:35
lI y a eu un boom du niveau général en ski alpinisme ces 5 dernières années. A votre époque certes il y avait très peu de densité, seul quelques coureurs sortait du lot. Mais cela fait plusieurs années que cela change. Pour ce qui est du niveau à la PDG, la course et très tard dans la saison et il manquait énormément d'équipes. Les écarts sont a relativiser, il s'agit d'une course de 6h ! 6min sur 6h de course cela vaut 30sec sur 30min de course par exemple ...
Un coureur français 27.05.2014 14:30
Cela fait plaisir, cette modestie.
A lire les médias valaisans, on a l'impression que tous les skieurs alpinistes sont des champions du monde.
Merci!
Caro 26.05.2014 12:08