Peu de suisses ont fait partie des meilleurs mondiaux dans deux disciplines sportives différentes. J’ai eu la chance de pouvoir le réaliser dans un sport estival, la course à pied de montagne, et dans un sport hivernal, le ski alpinisme, où je me suis spécialisé en épreuves de Vertical (de montée sèche).
Comme membre des cadres nationaux de Swiss Athletics et du Swiss Team de ski alpinisme pendant des années, j'ai appartenu pendant huit années consécutives au groupe-cible des sportifs soumis aux contrôles antidopage inopinés de Swiss Olympic/Antidoping Suisse.
J'ai cessé la compétition en 2010, mais pas l'entraînement quotidien. Je n'exclus donc pas de participer à des courses populaires à l'avenir.
La notoriété et la reconnaissance gagnée sont des notions de marketing: je les applique dans mon métier pour promouvoir et vendre la destination touristique dont j'ai la charge.
En tant que sportif, je n'ai rien fait pour m'auto-promouvoir: je n'ai jamais annoncé des victoires à l'avance, ni annoncé des objectifs publiquement, ni été proactif avec les médias, ni répondu favorablement à des sponsors intéressés. A vrai dire, j'étais même longtemps gêné des coupures de presse à mon égard quand il y en avait: cela a changé quand je me suis aperçu que les médias régionaux suivaient des coureurs régionaux moins forts que moi...
Je répondrai donc comme ceci: je suis connu, reconnu et respecté dans le milieu des compétiteurs pour mes performances, mon fair-play et les combats que j'ai menés. J'ai le sentiment d'être plus connu en pays germanophones que chez nous. En Suisse Romande, je pense en effet être très peu connu du grand-public: combien de sportifs romands ont obtenu des titres nationaux dans deux sports différents, et aussi des médailles à des championnats internationaux?
Malgré un talent certain lorsque j'étais enfant, j'ai cessé la compétition pendant de nombreuses années, pourtant les meilleures physiologiquement, sans en souffrir ni le regretter. Je suis cependant un vrai compétiteur dans tout ce que je fais. Déjà lors de ma scolarité j'aimais être le premier de classe et, lorsque je n'y parvenais pas, j'étais très déçu! Je me livre toujours à 100% quand j'entreprends quelque chose...
Toutefois, au vu des problèmes de fair-play que rencontre le sport de compétion, je prends tout cela, y compris les résultats, avec pas mal de recul.
Aucun en particulier. Je suis satisfait de ma constance, de me savoir compétitif depuis des années dans deux sports différents au plus haut niveau.
Je suis conscient que certains classements ne sont pas "justes" à cause du dopage qui est trop peu combattu: j'ai toujours eu de la peine à l'accepter. En même temps, je sais aussi que j'aurais pu faire mieux encore si j'avais été décharché un peu de mes contraintes professionnelles, ce qui n'a jamais pu être le cas.
Pendant plusieurs années j'ai fait partie des 8 meilleurs mondiaux dans les deux sports que je pratique. En 2008, j’ai pu être champion Suisse aussi bien en Vertical Race qu’en course à pied de montagne. En 2009, j'ai aussi obtenu deux titres nationaux dans deux sports différents. En 2007, j’ai pu gagner Fully-Sorniot, une course de côte très raide, deux semaines plus tard me classer sans préparation spécifique 8ème et meilleur suisse à Morat-Fribourg (derrière 6 africains et un néo-zélandais), qui est une course sur route sans grosse côte. Avant l'arrêt de la compétition, j'ai enchaîné 17 victoires consécutives lors de courses populaires (hors championnats).
En course de montagne, je pense m'être situé dans le top 10, dans le top 5 sur des montées raides. En Vertical Race de ski alpinisme, je pense avoir fait partie du Top 6 mondial : dans cette discipline, un seul m'a semblé inaccessible quand il était en top forme, le français Florent Perrier.
Ma fragilité musculaire et les problèmes gastro-intestinaux qui ont ruiné une grande partie de la saison 2006 et le début de 2007. Le statut de sportif amateur a limité aussi mes heures d’entraînement et, surtout, le temps pour des activités de récupération qui aurait été nécessaire.
En ski alpinisme, un sport que j'ai découvert très tardivement, je n'ai jamais eu le temps de m'entraîner en technique. Dans ce domaine, comme dans celui du matériel, j'étais souvent handicapé vis-à-vis de la concurrence faite essentiellement de pros.
Ma force physique, mon endurance, ma constance. J'ai la chance de disposer de prédispositions, en endurance, qui sont hors de l'ordinaire. Le fait de ne devoir dormir que 6h par jour m'a aussi permis de combiner une vie professionnelle avec 45 à 50 heures d'engagement hebdomadaire avec lacompétition. La science de la course est peut-être aussi une force.
Non. L’objectif numéro 1 est de demeurer en santé. Santé et plaisir vont de pair. Ensuite, je tente de l’emporter partout où je me présente, d’optimiser ma place aux mondiaux. Je ne cours ni pour l’argent, ni pour les organisateurs, ni pour la notoriété : c’est tellement vrai que je n’ai jamais participé à la PDG, la course de ski alpinisme probablement la plus médiatisée, et que je ne me suis plus présenté à Sierre-Zinal depuis des années, en fait depuis que j'ai dominé la discipline au niveau national.
Le plaisir et mes convictions ont toujours guidé ma route, hier comme aujourd'hui.