Les sportifs propres lésés

Les grands perdants du dopage

Il manque de contrôles antidopage. Ils sont peu efficaces. Et l’opinion publique s’en moque. Triste époque pour les sportifs propres.

Le public croit en ce qu’il veut au-delà des faits

Combien de Suisses, pensez-vous, croient-ils que Roger Federer puisse être dopé ? Très peu. Et combien de Suisses, pensez-vous, croient-ils que Rafa Nadal ou Novak Djokovic puissent être dopés ? Beaucoup. Posez les mêmes questions en Espagne ou en Serbie et les résultats de ce sondage seront alors très différents. Et si un contrôle devait attraper l’un des trois  - ce que je ne souhaite pas - alors les réactions seraient très contrastées d’un pays à l’autre : certains parleront d’un complot à l’égard de leur athlète préféré alors que d’autres se réjouiront de voir un concurrent direct de leur favori tomber. Ce fanatisme de la croyance est dangereux pour la santé du sport, car les faits mêmes (un contrôle qui sanctionnerait son athlète préféré par exemple) sont contestés.

Les athlètes propres sont les grands perdants

Dans le Journal du Dimanche du 20 juillet 14, l’ancien cycliste Tyler Hamilton raconta comment une transfusion lors d’un TDF 10 ans auparavant avait failli le tuer. Et les audiences du TDF, paraît-il, seraient plutôt bonnes cette année…

Au meeting de Lausanne du 9 juillet 2014, on déroule le tapis rouge pour inviter de nombreux anciens dopés comme Justin Gatlin et Tyson Gay qui finiront 1er et second du 100m de ce meeting. Dans le cadre de cette manifestation, on invita Justin Gatlin (un récidiviste du dopage) à Sion « pour entraîner les jeunes ». On ne procède pas autrement lors des courses populaires : par exemple, Elisa Desco fut invitée à différentes courses en Valais et gagna Sierre-Zinal l’an dernier après avoir purgé deux ans de suspension pour prise d’EPO. Bref, cela confirme que mes positions de l’époque étaient justifiées… et que les parties prenantes (médias, sponsors, organisateurs, etc.) n’ont n’en rien à faire du dopage. Les tricheurs non pris bombent le torse. Et les grands perdants sont les athlètes propres.

D’autres sports ont ma préférence

Je ne suis plus aucun sport dont le résultat dépend avant tout de la performance physique. Pourquoi ? Parce qu’un dopé, à préparation et talent égaux, devancera toujours un propre. Et qu’un dopé sans talent peut même rivaliser avec les plus grands talents non dopés. Quand j’étais encore dans la compétition, j’ai vu des choses incroyables : des gars de niveau régional, d’un jour à l’autre, rivaliser avec les meilleurs l’espace d’une compétition bien ciblée (2 à 3 semaines plus tard le niveau n’était plus le même). Ce fut notamment le cas pour des courses peu contrôlées mais prestigieuses comme la PDG ou Sierre-Zinal. Des minidoses de potion magique rendraient le dopé plus régulier aujourd’hui, paraît-il. Comme spectateur non plus je ne veux pas être témoin de pareilles mascarades ! Je préfère donc m’orienter en tant que spectateur vers les sports collectifs comme le football ou le hockey sur glace qui requièrent d’autres qualités que la seule performance physique : technique, tactique, esprit d’équipe, arbitrage, chance, etc. Même si le dopage existe aussi dans ces sports, le résultat ne peut s’acheter par lui. A l’extrême, on peut même penser qu’une équipe composée de propres -avec des circonstances de jeu favorables- peut l’emporter contre une équipe de dopés et disposant à l’origine du même talent. Dans ces sports, la glorieuse incertitude du sport demeure. C’est aussi pour cela que j’ai suivi passionnément la CM de football.

Randonnées et dolce vita

Quand je cours, je préfère les montées aux descentes. Ma dulcinée court aussi, mais pas tout à fait au même rythme que moi… et elle aime bien le plat et la descente ! Afin de partager une activité très conviviale, nous pratiquons la marche ensemble dès que nous avons un jour de congé. Les durées sont très variables : 2 petites heures s’il fait mauvais temps, 5 ou 6 heures si les circonstances sont favorables. Pauses photos ou resto font aussi partie du programme.

Et nous utilisons régulièrement les remontées mécaniques pour atteindre plus facilement les panoramas spectaculaires. En somme, un parfum de dolce vita a remplacé le stress permanent: et si c’était cela la belle vie ?

 

Wir versehen Dich vollkommen.Du warst ein echter Champion und ein Vorbild für uns alle.
Wir wünschen Dir alles Gute im Beruf und Glück mit Deiner Lebensgefährtin!
Familie Schmidt aus dem Berner Oberland 22.08.2014 16:51
On va de plus en plus vers les jeux du cirque... Des journalistes au courant des mauvaises pratiques sont mêmes amis avec des sportifs qu'ils savent pourtant dopés...
Et ceux qui pointent du doigt ces problèmes comme vous et d'autres sont laissés de côté par les médias sportifs... Le sport m'a profondément déçu!
Cinéphile 16.08.2014 13:22
Je ne regarde plus le Tour de France comme je le faisais pendant de nombreuses années parce que je n'y crois plus.
Je n'aimerais pas être un athlète aujourd'hui car il y a deux mauvais choix possibles: soit je suis propre et me fais battre par des dopés moins bons, soit je me dope! Pas terrible.
Rien à espérer 07.08.2014 10:38
Vos exemples sont explicites et témoignent d'une très mauvaise mentalité du sport. Il n'y a plus de différence à faire entre sport amateur et professionnel. Quelle tristesse, le sport sous cette forme ne remplit plus ses fonctions éducatives auprès du public et des jeunes en particulier.
S. Meier 04.08.2014 15:34
Je te comprends, tu as raison à 100%. Mais c'est quand même dommage de ne plus participer à une compétition de temps en temps avec ta caisse! Surtout que le niveau en Suisse a baissé. Si Costa gagne tout en Valais alors que quand tu courrais il était très loin derrière toi c'est aussi parce qu'il n'y a que très peu de bons coureurs de montagne en Suisse romande.
Valaisan 04.08.2014 09:05
effectivement la venue d'Elisa Desco a Sierre-Zinal et la volonté des organisateurs de vouloir la faire venir après ses deux ans de suspension m'ont fortement déplu. La voir à l'arrivée victorieuse m'était tout simplement insupportable. Alors que pouvait penser l'athlète américaine qui s'est classée 2ème ou Maud Mathis 3ème ?!?
alexandre 02.08.2014 19:01