Le talent, clé de la réussite

L'envie permanente de progresser pour le soutenir

Un journaliste s'étonnait récemment des résultats du prometteur Alan Tissière en ski alpinisme, alors qu'il est encore en apprentissage et qu'il travaillerait donc tous les jours, contrairement à la majorité de ses adversaires. Je connais bien cette situation, puisque la plupart de mes concurrents en ski alpinisme et en course à pied avaient un statut de semi-professionnel, voire de pro, du sport.

La réponse est simple: rien ne remplace le talent qui fait, sur la durée, la différence: Alan peut donc voir l'avenir avec optimisme.

En plus des prédispositions naturelles, il faut bien sûr de la persévérance, de l'ambition, de la discipline et de la chance (en évitant les blessures et maladies notamment).

J’ai toujours été un vrai compétiteur, avec l'envie permanente de progresser. Par contre, ma manière d'aborder la compétition a toujours été plus proche de celle d’un populaire que de cellle d'un sportif de haut niveau. En voici quelques illustrations:

Amateurisme

Pendant toute mon activité sportive, j’ai toujours travaillé à 100%, avec 4 semaines de vacances par année.

Empirisme et pas de science

Mon expérience « scientifique» se limite à un massage par semaine et l’accompagnement d’un cardio-fréquencemètre, alors que la majorité des athlètes privilégient les structures avec entraîneur, partenaires d’entraînement, stages en altitude, tests en laboratoire et suivi médical.

Plaisir plutôt que business

Jamais je n’ai souhaité signer de contrat de sponsoring lors de la pratique de la compétition: seule la passion du sport, non l'argent, a motivé mes efforts. Beaucoup agissent différemment, en étant payés pour se préparer (comme les gardes-frontières chez nous par exemple) ou en obtenant des allègements auprès de leur employeur : quasi tous cherchent des partenaires commerciaux.

Liberté plutôt que contraintes

Liberté de courir, liberté de choisir les compétions, indépendance dans ma façon de penser et d’agir. Presque tous les sportifs de haut niveau n’ont plus cette liberté, ils doivent rendre des comptes à leur entourage, club et fans-clubs, ainsi qu’aux sponsors et aux médias.

Une forme de reconnaissance 

Avec un auto-marketing actif ou l’aide d’un attaché de presse, j'aurais certainement pu être plus connu, voire plus apprécié. Et alors? Les résultats obtenus et le respect (parfois même la crainte) de mes adversaires lorsque je me présentais sur une ligne de départ, ont été mes plus belles récompenses.

Aussi pour apprécier ces paysages j'ai toujours autant de plaisir à m'entraîner

Tout bien analysé, très peu m’a distingué du parfait populaire : en sport je suis aujourd’hui, comme je l'étais hier, un sportif amateur, privilégiant le plaisir au business et aux affaires, libre de concourir sans être redevable à qui que ce soit.

C'est sans doute une raison expliquant pourquoi je m'entraîne autant qu'avant ou presque, sans participer depuis un moment à des compétitions et tout en conservant un plaisir sans cesse renouvelé.

Sébastien

Je te félicite pour tous tes résultats, ta motivation durant toutes ses années de compétition. Je pense qu'il n'a pas été facile de concilier sport de haut niveau et carrière. Mais par contre il me semble que Alan Tissière ne travaille pas durant l'hiver... Pleins de plaisir pour la suite et encore bravo pour ton courage.

Patrick
Patrick Heinz 24.03.2011 11:43