Victoire et record au Trophée des Combins

Record au Trophée des Combins, malgré des conditions météorologiques dantesques.

 Avant le départ j'avais des souvenirs diffus du parcours que j’avais pu apprécier à l’âge de 12 ans, en réalisant à l’époque 1h’07’01. Dimanche j’ai pu battre le record de Norbert Moulin, l’abaissant de 52’56 à 51’59.

 

Un départ en fanfare

Avant mon départ dimanche à 8h30, je savais qu’il me fallait courir vite : la veille, car l’organisation propose la formule particulière des départs multiples, Florent Troillet était en monté en 53’25, un excellent temps tout proche du record.

Les conditions météorologiques, avec un sol sec, une température agréable et sans soleil, paraissent parfaites au départ. Contrairement à mes habitudes, je décide de prendre la course à mon compte dès les premiers mètres, en imprimant un rythme très soutenu sitôt le coup de pistolet.

 

Le déluge

Après une douzaine de minutes je parviens à me détacher significativement des principaux concurrents partis avec moi, Tarcis Ançay et Pierre Bruchez. La pluie arrive. Pas trop forte un court instant, elle s'intensifie au fil des minutes, le tonnerre gronde. A partir de la descente peu après la mi-parcours la météo se gâte franchement : la pluie devient alors torrentielle, l’orage éclate, le tonnerre retentit encore et encore, les éclairs inondent le ciel. Un véritable déluge de pluie et de grêle s’abat sur la montagne. Transi de froid, je regarde la montre : il me reste un bon quart d’heure de course. Une éternité. Un brouillard épais rend le chemin détrempé à peine perceptible. J’hésite un moment à abandonner, mais où s’abriter ? La foudre frappe à plusieurs reprises, enfin j’atteins la moraine que je devine être celle qui précède l’arrivée : balayée par une tempête de vent et de grêle, ce passage, sûrement magnifique habituellement, est un véritable calvaire. Enfin la ligne. Je continue à courir jusqu’à la tente et m’abrite sous les couvertures.

 

Une expérience unique

Jamais de ma carrière je n’avais couru dans des conditions aussi terrifiantes. Battre le record dans ces conditions ? Une grande performance assurément. Pour le coup d’œil sur les Combins, cela sera pour une prochaine fois. Félicitations aux organisateurs qui avaient tout prévu à l’arrivée : tente réchauffée, couvertures, sacs poubelles, boissons chaudes, etc. : un vrai soulagement quand le temps devient fou à plus de 2’600m d’altitude!

Véritable foudre de guerre, "celui-ci" est décidément plus rapide que l'éclair. On le savait Apollon, le voici Jupiter. Bravo pour cette victoire postdiluvienne (note aux esprits mal tournés: rien à voir avec les saucisses).
Cd'A 03.08.2009 12:14